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samedi 22 janvier 2011

Fabrication de l'huile de noix

La fabrication de l'huile de noix est une tradition de nos campagnes qui a bien failli se perdre  après la seconde guerre mondiale.
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Depuis quelques années, on manifeste cependant un intérêt nouveau pour cette huile gastronomique.
Après le fastidieux travail des "gromailles" (dénoisillage) où l'on sépare les cerneaux  des coquilles de noix, vient le jour de la fabrication de l'huile. Rendez-vous est pris au moulin Morand à Arith.. (Merci à Catherine et à Pierre.)

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L'expression  "on entre comme dans un moulin " est ici pleinement justifiée: chacun entre, sort, apporte ses noix, bavarde, attend ...
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La fabrication de l'huile de noix se déroule en trois étapes:
  • Le broyage

Les cerneaux de noix ( environ 15kg) sont broyées par des meules en pierre pendant quelques minutes.
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  • Le chauffage

La pâte obtenue est chauffée à 60°au feu de bois et malaxée par une hélice afin d'obtenir une température homogène: ceci pour éliminer l'eau et  faciliter l'extraction de l'huile.
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  • Le pressage

La pâte va être enveloppée dans des scourtins (tissu servant de filtre) puis déposée sous une presse hydraulique
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Le compreseur servant à activer la presse. la pâte est pliée dans un scourtin
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les scourtins sont disposés sous la presse.
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L'huile peut maintenant couler... Le tourteau (résidu sec) pourra servir à l'alimentation du bétail.


jeudi 23 décembre 2010

19 février Fête nationale de la Savoie

En ce 19 février qu’il a fait jour de fête, rendons à nouveau hommage à Henri Dénarié. Un personnage entré dans cette histoire de Savoie dont il nous parlait sans puiser son inspiration dans l’Education nationale.
Quelle idée à la con il a eu d’aller se faire opérer du cœur. A huitante-sept ans, comme il aurait dit. On l’avait pourtant vu, quelques jours avant qu’il ne parte à Grenoble pour se faire faire un pontage, et il était plutôt en forme. Toujours avec sa gouaille unique, sa façon inimitable de s’en prendre perpétuellement, avec une mauvaise foi souvent flagrante mais tellement attachante, à ces françouillards rencontrés à la Poste, à la banque, dans la rue et finalement à l’hôpital. Sa rengaine favorite ? « Ah, les Français, ils se croient toujours les meilleurs en tout, sur tout et partout ! » C’est pourtant bel et bien en Français fier de l’être qu’Henri Denarié quitta sa ville d’Annecy en 1936, âgé d’à peine dix-sept ans, pour rejoindre l’Espagne.
C’était l’époque du Front populaire, qui l’a fortement marqué. « La taille au-dessus de 68 », peut-on lire dans un petit texte qu’il a laissé à la postérité. Ce jeune libertaire s’amusait alors à aller vendre La Calotte, feuille de chou anticléricale, devant les églises d’Annecy, Rumilly ou Chambéry. « Ça ne marchait qu’une fois. Et j’avais comme roue de secours une bonne bicyclette et les mollets rapides. » Mais le voilà donc parti pour l’Espagne afin d’y faire la guerre, côté républicain. « Au plus profond de l’Hispanie, j’ai pu comprendre la valeur de l’historicité des provinces, qui vous révèle l’ineptie des réalisations départementales françouillardes. J’en revins sain et sauf. Et pour moi, ce fut un temps merveilleux. »
De Mauthausen à la Savoie
Trois jours après son retour en France, il est conduit au bureau de police et se retrouve fiché au « Carnet B ». C’est qu’en ce temps là les membres des brigades internationales n’ont pas vraiment la cote. En raison de ce fichage, en 1942, il est mis en résidence forcée à Sallanches par l’Etat français. Et le 2 mars 1944 il est arrêté avec dix autres présumés terroristes par la police judiciaire qui le remet à la Gestapo. Il subit alors trois heures durant la baignoire, il a la plante des pieds tranchée au couteau, mais jamais il ne parlera et il ne donnera personne. « Si je n’avais plus de muscle, j’avais l’esprit intact et je ricanais de leurs questions et tortures. » Le voilà maintenant en partance pour le camp de Mauthausen d’où, après une évasion qui tourna court, il sera libéré par les Américains le 5 mai 1945, pesant alors 35 kilos. C’est dans ce camp que Henri apprit, de la bouche d’un comte autrichien, que la Savoie était en fait un pays qui avait compté de grands hommes comme le fameux prince Eugène. Alors français jusqu’au bout des ongles et ignorant tout de l’histoire de Savoie, comme la plupart de ses compatriotes, Henri se promit de chercher à savoir ce qu’il en était. De retour à la vie civile, il repris son métier d’ajusteur qui allait le conduire à Paris, en Suède, en Espagne puis en Suisse où il finit cadre supérieur. Mais avec toujours en tête cette Savoie. « En 1962, je me décidai à connaître son histoire. A l’époque, à Annecy, on ne trouvait rien. Cette marchandise-là était pour l’ELITE du pays, pas pour un type estampillé bon pour la production industrielle. J’ai donc entrepris de trouver cette histoire, hors des explications des hagiographies. J’ai tellement insisté que je connais, depuis, parfaitement l’histoire POLITIQUE de la Savoie, à telle enseigne que, sans complexe, je peux affronter “l’élite” savoyarde. Que je n’écris plus qu’en minuscule, et dans l’expression péjorative, avec suffixe en ard ». La suite, elle arrivera en 1968 et ça s’appellera Savoie Libre. Mais on vous la racontera plus tard, ça permettra à Henri d’être une fois de plus dans la Voix.
Brice Perrier
Article publié dans le numéro 12 de la VDA (printemps 2007)

Te voici duc, Amédée

L’élévation de la Savoie en duché, sous le règne d’Amédée VIII, fait entrer la Savoie dans la cour des grands. Pour Henri, c’est un événement qui vaut bien le 14 Juillet.
Le 19 février 1416, quatre siècles de fidélité au Saint Empire romain germanique sont récompensés. Comme la Bavière ou l’Autriche, la Savoie, en devenant duché, devient un Etat souverain au sein de l’empire. Elle aura désormais droit de vote à la diète, comme les nations ont aujourd’hui droit de vote à l’ONU. Un événement énorme, mais méconnu. A l’époque, les factions commencent à déchirer la Françie. La guerre civile bat son plein dans un royaume à moitié conquis par les Anglais. La confusion règne au sein de la papauté car trois papes portent la tiare. Coté Saint Empire, Sigismond de Luxembourg et Josse de Moravie sont candidats au titre d’empereur. Et en Savoie, le compte Amédée VIII profite de la tranquillité qu’il retire de tout ça. Il accroît son domaine tout en perfectionnant l’administration du pays. Sa noblesse ne manque pas une occasion de briser des lances pour mieux acquérir renommée. Amédée soutient le roi de Hongrie contre les Turcs, puis les Franciens contre les Anglais. Et il supporte Sigismond, déjà reconnu comme roi des Romains.
Le Salomon de son époque
Les conseils d’Amédée VIII sont toujours suivis. On le nomme le Salomon de son époque. Il appuie de son autorité l’université de Paris dans son désir de terminer le schisme de l’Eglise. Sigismond, lui, parcourt l’Europe afin de convaincre chacun d’élire un pape ayant l’agrément de tous. Il entreprend ainsi de rendre visite en Aragon à Benoit XIII, qui refuse de se démettre. Amédée l’accompagne et lui facilite le voyage en mettant à sa disposition à Seyssel huit barques superbement parées pour descendre le Rhône. Le futur empereur envisage alors de procéder à l’élévation d’Amédée au rang de duc à Lyon, comme pour rappeler les anciens droits de l’empire sur cette ville. Mais il se rabat sur Montuel où, sur un territoire qui la veille encore était francien, il fait acte d’autorité et élève la Savoie en duché à la fin juillet de l’an 1415. Quelques mois plus tard, il devient empereur et va vite se rendre en Savoie pour officialiser la création du duché. Mais aussi pour se « prévaloir des lumières d’Amédée VIII » en vue de ses futurs voyages à Londres et à Paris, destinés à réconcilier deux rois.
Au moins huit départements français
A Chambéry, un théâtre est construit pour la cérémonie. Des tournois sont organisés durant plusieurs jours. En faisant d’Amédée un duc héréditaire, Sigismond élève aussi la Savoie qu’il décrit comme un être vivant dont il énumère les villes, les châteaux, les villages, les montagnes et les collines, les forêts et les taillis, les lacs et les fleuves, les barons et les vassaux, les paysans et cultivateurs, mais aussi nos bestiaux qui, tous, contribuent à la vaillance et à la loyauté de la grande patrie de Savoie. Une terre qui s’étend de Mâcon aux limites du Piémont et des confins de l’Helvétie allemande à la Méditerranée. L’équivalent d’au moins huit départements français, beaucoup plus que n’ont jamais compté les duchés de Bretagne, de Lorraine ou même de Bourgogne. Ceci explique que, en ce 19 février 1416, la Savoie soit haussée au rang de grande puissance. En 1972, j’ai considéré que cet événement, sans doute le plus considérable de toute notre histoire, pouvait constituer notre fête nationale, plaçant la Savoie sous la prédominance du pouvoir civil. Cette invention, faites par le titulaire d’un CAP d’ajusteur, personne parmi l’élite n’y avait songé depuis 1416. Elle a fait depuis son chemin.
Henri Dénarié

lundi 20 septembre 2010

Prononciation des noms savoyards

Prononciation des noms savoyards

Un petit article d'Henri Denarié sur le sujet,  publié dans la Voix des Allobroges (n°13), à titre posthume.


Berlioz ne rime pas avec myxomatose
La Savoie a une histoire, mais elle a aussi une orthographe particulière. Pour éviter les fautes de prononciation, Henri rappelle les bases de la graphie savoisienne dans une ultime chronique.

En Savoie, de nombreux noms de lieux ou de famille se terminent en oz, az, ex ou uz. Mais ces graphies typiques provoquent de multiples erreurs de prononciation. Il n’est pas rare d’entendre prononcer le z final avec un accent tonique sur la dernière syllabe. Ainsi, Berlioz sera prononcé Berliose, comme myxomatose. Et certains porteurs de noms en oz ou en az vous affirmeront, sans rire, qu’ils sont d’origine espagnole. L’origine de l’orthographe savoisienne est pourtant bien connue des philologues, mais il est navrant de constater à quel point le public l’ignore. C’en est à croire que la graphie de Savoie sent le fagot, a quelque chose de suspect, de saugrenu. Notre orthographe fait cependant partie de notre patrimoine. Elle mérite donc notre respect et celui des gens qui admettent le droit à la différence.
Si son utilisation fut généralisée par Pierre II, dit le Petit Charlemagne, qui régna sur la Savoie de 1262 à 1268, cette orthographe n’est pas née de la fantaisie d’un comte, mais du souci qu’avaient les scribes de distinguer la prononciation du patois de celle du latin. Dès le IXè siècle, des clercs eurent l’idée d’utiliser des consonnes « inutiles » de l’alphabet latin (x et z) pour signaler une prononciation indigène différente de la prononciation latine. Ce procédé d’adjonction de consonnes pour modifier le son latin est d’ailleurs utilisé dans presque toutes les langues romanes. Mais nos clercs l’ont fait à leur manière. Nos terminaisons en z ou en x sont donc purement conventionnelles. Et pas plus bizarre que le z de chez ou le x de chevaux en français.
Rappelons quelques règles simples. Le x final ne se prononce pas. Ainsi, Fernex se prononce Ferney. Le z final ne se prononce pas non plus et indique que la voyelle terminale, atone, se prononce presque comme un e muet, mais en marquant légèrement le son a, o ou u. Mermoz se prononce donc Merme, en marquant très légèrement le o. Lorsque le z final suit un groupe de voyelles tel io ou ia (Marlioz, Verniaz…), ce groupe de voyelles doit être presque atone et mouillé, comme en français le n précédé d’un g est mouillé dans le mot Bretagne. Orthographié façon Savoie, il s’écrirait Bretaniaz. Ce système permet de mouiller toutes les consonnes, ce que ne permet pas le français. Un dernier exemple avec Jorioz, qui se prononce Jo-R-Ye avec accentuation sur le Jor. Et on voit là que notre graphie peut être intraduisible en français car, si l’on remplace ioz par ie, cela donne Jorie (prononcer Jory), ce qui n’est pas du tout la même chose.
Alors de grâce, que ceux qui ont la chance de porter des patronymes bien de chez nous, tel Anthonioz, Neplaz ou Contoz, rappellent à leurs interlocuteurs que cela se prononce Antogne, Nèple ou Conte, et pas Entoniose, Naiplase ou Contose. Le respect de notre Savoie passe par le respect de son orthographe.

Henri Denarié

lundi 23 juillet 2007

Plateau des Glières Massif des Bornes

Le Plateau des Glières: haut lieu de la Résistance: 
  • De janvier à mars 1944 . 465 Résistants rassemblés au Plateau des Glières pour y recevoir les parachutages des Alliés, affrontent l’armée allemande et la Milice. Après d’intenses combats, ils perdront un tiers des leurs et seront contraints de quitter le Plateau.
  • En 1973, le monument national de la Résistance, œuvre du sculpteur Emile Gilioli, a été érigé à la mémoire de ces victimes. Il a été inauguré le 2 septembre 1973, par André Malraux
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Le monument
Aujourd'hui, le plateau se prête en hiver au ski de fond et en été, à la promenade familiale.
Un sentier historique, dont le  départ se situe devant le Point d'Information et l’arrivée au Monument National de la Résistance de Gilioli, est balisé par des panneaux retraçant les événements de février-mars 1944. Une bonne heure est nécessaire pour parcourir cet itinéraire en visite libre ou guidée.  Un sentier de découverte de l'espace naturel complète le sentier historique. Depuis 2006 une fête du souvenir est organisée, cette année, elle a eu lieu le 22 juillet.

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Le plateau avec au fond le massif du Jalouvre
A partir du plateau il est possible de "prendre de la hauteur" en gagnant la montagne des Auges par un bon sentier balisé qui démarre vers le Point d'Accueil. Durée 1h30/2h.Cette promenade peut également se faire l'hiver en raquettes.
Le sentier traverse le plateau en direction du Sud-Est puis franchit un petit ruisseau, à proximité, des restes de containers largués en 1944 finissent de rouiller. 

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 Containers largués en 1944                                                                                                   Prairie alpine            
On aborde ensuite une tourbière (nombreuses sur le plateau, "glière" signifiant "terrain humide"). Les droseras ( petites plantes carnivores) y sont facilement observables. L'on rejoint facilement le pas du Loup puis le plateau des Auges. 

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                              Le sommet des Auges et les chalets

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Les Glières vues depuis les Auges